Europe in the Americas

Louisiane, Guadeloupe, Martinique, Guyane, Haiti, Saint Lucie, etc.
Louisiane, Guadeloupe, Martinique, Guyane, Haiti, Saint Lucie, etc.

Saturday was France’s observation of the 23 May 2009, for the ancestors – the victims of France’s colonial slave trade. Excerpt of the “Déclaration du Comité Marche du 23 Mai”:

“De l’inacceptable guerre des mémoires déclenchée par Dieudonné, à la création du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) au lendemain des violences urbaines, nous assistons incontestablement à la racialisation d’une crise sociétale sans précédent due à l’échec de l’intégration des descendants de colonisés et d’esclaves dans la République.

Terre d’immigration, la France souffre d’une profonde crise identitaire, subissant plus qu’elle ne les assimile ses diversités ethniques, culturelles et religieuses. Les migrants originaires de ses ex-colonies, même quand ils sont français, sont victimes, de par leur couleur de peau non blanche, de discriminations dans l’attribution d’emploi et de logement, entraînant leur précarisation et leur exclusion.

Aux humiliations constantes, au rejet insupportable, et aux réponses jugées insuffisantes et peu efficaces de l’Etat, la réaction de ces migrants, aujourd’hui, est violente. Leur colère longtemps contenue, explose sur cette terre qui était censée les accueillir comme il se doit, eu égard aux souffrances endurées par les leurs durant la période esclavagiste et coloniale. La crise de nature raciale qui en découle, secoue la République en remettant en question ses valeurs fondatrices: liberté, égalité et fraternité.

De façon surprenante, ceux que l’on attendait le moins, les Antillais, français pour certains depuis 1793, furent les premiers à interpeller la France sur leur difficulté à s’insérer dans la République et à se sentir pleinement citoyens, du fait de profonds ressentiments à l’égard de la France pour son passé esclavagiste et colonialiste. Voulant en 1998 célébrer le cent cinquantenaire de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, nos gouvernants proposèrent généreusement comme ciment citoyen aux Antillais, Guyanais et Réunionnais, le mythe de fondation: «Tous nés en 1848». (“We all were born in 1848.”)

Quelle ne fut la surprise du gouvernement Jospin quand à l’appel de 300 associations d’originaires des départements d’outre-mer (DOM), 40’000 manifestants battirent le pavé de Paris, le 23 mai 1998, en rejetant ce mythe réducteur et en s’affirmant filles et fils d’esclaves…

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